Document 1: Communiqué de presse diffusé le 13 mai à 11 heures 29
République Française
Ministère de la justice
Message à diffuser au plus vite à tous les organismes de presse audiovisuelle et internet, aux réseaux autoroutier, à la SNCF et au transports en commun de la région Bretagne.
ALERTE ENLÈVEMENT
LONNE, Jacques, 8 ans et demi, 1 m 20, cheveux châtain clair, yeux vert, vêtu d'un pyjama rayé bleu et blanc TINTIN, avec une gourmette en or au poignet gauche a
disparu du domicile de ses parents à SAINT MALO intra-muros (35) cette nuit du 12 au 13 mai entre une
et quatre heures du matin. Il aurait été aperçu avec un homme de type européen d'un mètre 80 environ, cheveux brun, ciré
jaune.
N'intervenez pas seul. Si vous apercevez l'enfant, appelez immédiatement les services de police ou de gendarmerie.
Votre mobilisation est essentiel, la survie d'un enfant en dépend.
Doument 2: Déposition de monsieur Christophe FERRARO, au sujet de la disparition de Angello BIANCHI, Grégor FALTZER, Mariah FOURNIER, Arthur LONNE;
réalisé le 14 mai 2008 et enregistré par le brigadier-chef LEFEVBRE au commissariat de police de la principauté de Monaco.
Q: Déclinez votre identité.
R: Christophe FERRARO, 28 ans, Professeur d'histoire et de Géographie au lycée Sainte Dévote, à Monaco. Je suis citoyen Français.
Q: Quand est-ce que vous avez été en contact avec les quatre jeunes de la classe Terminale S
de Sainte Dévote qui ont disparu?
R: Pour mademoiselle FOURNIER et monsieur BIANCHI, c'était lundi, le 12 mai. Je les avais tous les quatre en classe, de 15 heures à 15 heures 55. Pour messieurs LONNE et FALTZER, c'était hier, le 13
mai.
Q: Dans quel circonstances?
R: J'avais cours avec la Terminale S de 8 heures 05 à 9 heures. Quand je suis arrivé en classe, un
peu après que la cloche ait sonné, j'ai constaté que monsieur FALTZER gesticulait sur mon bureau.
Q: Comment ça?
R: Il était debout et criait comme un demeuré. Pardonnez-moi,
mais c'était tout à fait ça... Les autres élèves riaient de lui à gorge déployé. Vous savez, c'est un garçon spécial, les autres se moquent toujours de lui et c'est cruel bien sûr mais il faut dire qu'à certain moment, on a l'impression qu'il le fait vraiment exprès. Bref, il s'agitait debout sur mon bureau et
bien évidemment je lui ai ordonné de descendre.
Q: Que disait il?
R: Je n'ai pas compris ce qu'il disait. Je n'y faisais pas
attention; c'était absurde. « Le monde en danger,
j'ai vu le futur! », quelque chose dans ce style. Ce
garçon doit trop voir de films de science fiction à mon avis...
Q: Comment a t'il réagis devant votre demande?
R: Devant mon autorité, il est resté immobile quelques instants mais
ça a très vite empiré: il s'est mis à pleurer. Bien évidemment, j'étais
désespéré: il pleurait terriblement, les autres riait encore plus et je ne savais pas très
bien quoi faire... C'est alors que monsieur LONNE est arrivé.
Q: Comment décriveriez vous monsieur Arthur LONNE?
R: Élève médiocre, mais discret. Je n'ai jamais eu à me plaindre de lui. C'est l'élève moyen
par excellence, qui passe tout à fait inaperçu. Je ne vois pas quoi dire d'autre; et avant hier matin, je ne le croyais pas si... Si... Et puis, avec ce petit qui a
disparu... Ils étaient cousins? Ça a un lien?
Q: Que c'est t'il passé lorsque monsieur LONNE a pénétré dans
votre salle de cours?
R: Je n'ai pas remarqué son arrivée tout d'abord. Je tentais bien évidemment de convaincre
monsieur FALTZER de se calmer et retrouver sa place. Ce n'est que quand ce dernier a levé les yeux vers le nouvel arrivant que je le vis. Ils se sont regardés sans rien se dire, la classe s'était
miraculeusement tus. Ils sont restés deux secondes ainsi et ensuite se sont enlacé l'un
l'autres sous l'hilarité collective. C'était presque obscène.
Q: Ils se sont embrassé?
R: Non, non! Ils se sont serrés l'un l'autre, et ils pleuraient tous les deux. On aurait dit que ça faisait des mois qu'ils ne s'étaient pas revus.
Mais ça, ce n'est pas le plus absurde...
Q: continuez.
R: Et bien, ensuite, ils ont dit des phrases incompréhensibles. Monsieur FALTZER s'est
félicité de pouvoir marcher et monsieur LONNE de le voir vivant. J'ai commencé alors à douter de leurs santés mentales et craint qu'ils parlaient sous l'action de substances illicites.
Q: Vous n'avez pas réagi?
R: J'ai pas eu le temps. Tout s'est passé si vite. Puisque après, monsieur LONNE s'est tourné vers les élèves hilare et leurs a ordonné brutalement de prendre des nouvelles de monsieur BIANCHI et
mademoiselle FOURNIER. Ils on parlés d'autres prénoms que je ne connaissais pas au sein de l'établissement...
Q: Un de ces prénoms était t'il Bastien OLLIVIER?
R: Peut être. Je ne sais pas. De toutes façons, bien évidemment, c'était trop et j'ai envoyé
l'un des délégués, monsieur GARCIA, aller chercher le CPE. Immédiatement après lui, ils sont partis.
Q: Vous ne les avez pas suivi?
R: J'étais certains que Joseph, je veux dire monsieur MARTIN, le CPE, allait les interceptés.
Il a essayé d'ailleurs...
Q: Comment décrieriez vous les élèves Angello BIANCHI et Mariah FOURNIER?
R: Angello est un perturbateur, il est infernal et très manipulateur. Je pense qu'il obtient
toujours ce qu'il veut. Ce n'est pas un bon élève et est souvent absent. Je crois qu'il passe ses nuits à faire la fête. Mademoiselle FOURNIER est une bonne élève, studieuse, qui plaît à tous,
bien qu'elle ait un peu baissé en histoire au deuxième semestre et que le troisième semble pas se ressaisir. Elle reste un bon élément et aura certainement son Baccalauréat, contrairement à
monsieur BIANCHI...
Q: Penser vous qu'il soit possible que ces deux élèves entretiennent une liaison...
R: Je vous arrête tout de suite: je ne me mêle pas des affaires de coeur de mes élèves. Je ne peux pas vous répondre
à ce sujet.
Q: Cependant, personnellement, vous parait t'il possible que...
R: Je ne veux pas répondre à cette question.
Q: Quelles étaient les relations entre les quatre disparus?
R: Je ne vois pas. Deux était les vedettes de la classe, les deux autres les exclus. Alors, à
part le fait qu'ils soient aux extrêmes de popularité, je ne vois pas ce qu'ils les lient.
Q: Confirmez vous que la dernière fois que vous avez vu Monsieur BIANCHI et Mademoiselle
FOURNIER, c'était le lundi 12 mai, aux alentours de 16 heures?
R: oui.
Q: Confirmez vous que la dernière fois que vous avez vu Messieurs FALTZER et LONNE, c'était le mardi 13 mai, aux alentours de
8 heures et quart?
R: oui.
Document 3: Intitulé de la lettre pièce à conviction numéro 27, perquisitionné dans la chambre de monsieur Arthur LONNE au domicile de ses parents le 27
mai 2008 et annexé au dossier de l'affaire « Lonne »
Maman, Papa,
Je ne veux pas que vous me croyez fou. Je ne le suis pas. Si, ce matin, je vous ai semblé hystérique, il y a une raison. Je reviens de loin et il s'est passé cette « nuit » des choses
terribles et extraordinaire.
Je vous le dis, j'ai de l'importance. Beaucoup. J'ai un pouvoir sur le monde et il se peut que je le change. Je ne sais pas ce qui va se passer mais il est certain que moi, plus que quiconque sur cette planète, ai une mission primordiale.
Mais je pense que l'humanité n'est pas prête à entendre cela... Pas encore...
Je vous le répète, je ne suis pas fou. Vous verrez, vous serez enfin fier de moi.
Arthur LONNE
Pardon? Vous dites?